juin 2007

- juin 2007

Comment les riches détruisent la planète…

C'est le titre quelque peu provocateur du dernier livre du journaliste Hervé Kempf, chroniqueur du journal « Le Monde » qui propose le constat alarmant de la situation écologique de notre planète, et dénonce la classe dominante qui maintient l'ordre établi à son avantage pilotant un système qui n'a : « d'autre ressort que l'avidité, d'autre idéal que le conservatisme, d'autre rêve que la technologie » et qui exerce une grande influence sur l'ensemble de la société « . Car les classes moyennes lorgnent du côté de la bourgeoisie et par un effet inéluctable de cascade cette attraction se propage jusqu'aux niveaux les plus humbles de notre société.
A l'appui de sa thèse H.Kempf se réfère à un économiste américain du XIXè, Thorstein Veblen, dont la thèse est la suivante : « L'économie est dominée par un principe : la tendance à rivaliser, à se comparer à autrui pour le rabaisser est d'origine immémoriale…c'est sans doute dans la tendance à l'émulation qu'il faut voir le plus puissant…le plus infatigable des moteurs de la vie économique proprement dite ». Et cette course infernale à la possession est ainsi l'un des rouages essentiels de notre société de consommation qui prétend assouvir des besoins infinis en augmentant le confort et le soi-disant progrès dans une planète dont les ressources seraient, aussi, illimitées ! Ainsi conçu ce modèle est largement exporté via     la mondialisation qui incite les pays émergeants à imiter les pays opulents et particulièrement le plus riche d'entre eux, les Etats-Unis .
Cette redoutable émulation mondiale est entretenue avec la complicité des responsables politiques et des médias dominants, en recourrant au sacro-saint principe de la croissance, qui lui permet de contrôler le pouvoir économique  tout en tentant d'affaiblir puis de se débarrasser d'une démocratie parfois gênante. Le credo de la croissance matérielle étant pour eux, le seul moyen de faire accepter aux sociétés des inégalités extrêmes sans remettre en cause celles-ci puisque la croissance est censée créer un surplus de richesses apparentes qui permet de lubrifier le système sans devoir en modifier la structure.
Dès lors si l'on souhaite réconcilier croissance et écologie il n'y a pas de solution sans remise en cause des standards culturels de la consommation ostentatoire. Et sachant qu'on ne peut pas demander les mêmes efforts de diminution de la consommation matérielle aux pays du Sud et aux pauvres des pays riches qu'aux nantis de la Terre (qui ne représentent que 20% de la population du globe, mais consomment 80% de la richesse mondiale), il appartient aux politiques de leur demander des efforts progressifs en fonction des revenus de chaque classe sociale pour que demeure demain un minimum de cohésion sociale et surtout, léguer une société à figure humaine à nos enfants…
*« Comment les riches détruisent la planète », Hervé Kempf. Ed. Le Seuil. 150 pages. 14 euros.

Homo disparitus ? 

Et si d'un coup, d'un seul, l'homme venait à disparaître? Si la seule espèce humaine était rayée de la carte, et qu'il ne restait plus de nos civilisations que quelques vestiges : villes tentaculaires, centrales nucléaires, poubelles diverses. Combien de temps faudrait-il alors à la planète pour retrouver son état originel et nous oublier? Quels animaux prendraient notre place ?
L'hypothèse apparaît hautement improbable, certes, mais après tout, bien avant nous, la Terre a connu de plus spectaculaires extinctions. Partant de cette hypothèse Alan Weisman retrace l'histoire de nos rapports à la nature et nous apprend que l'homme n'a pas attendu l'ère du changement climatique pour chambouler son environnement. Sans se prendre trop au sérieux l'auteur dresse ici, mine de rien, un constat édifiant sur ce que nous avons fait de notre planète…
 *Homo disparitus. Alan Weisman. Edition FLAMMARION. 397 pages.19,90 euros.


Spécial  polars d'été !

Descente aux enfers…

Dans un article du « Monde » Douglas Kennedy appelait à juste titre, nos écrivains à se pencher sur la France du quotidien. Son dernier livre La Femme du cinquième en quelque sorte, une réponse à ses propres questions en forme d'autoportrait inattendu, féroce et vertigineux, de Paris et de l'auteur lui-même. Voici Paris donc, préféré ici aux campus universitaires et aux lointaines agglomérations américaines. Un Paris redevenu lieu romanesque mais exempt de complaisances où débarque le héros du livre, Harry Ricks,  prof de fac américain volontairement exilé dans la capitale pour plonger dans les petites rues sombres du Xe arrondissement, arrondissement mystérieux  aux portes à serrures codées ouvrant sur des escaliers sombres, où les invités ne montrent jamais leur visage et ne déclinent pas plus leur identité. Ils sont Pakistanais, turcs ou kurdes, ils ne se voient ni ne se reconnaissent et sont ignorés d'une population bobo qui les croise chaque jour rue  de Paradis sans chercher à les connaître. 
Solitaire et pauvre,  Harry se fait veilleur de nuit et alors qu'il croit toucher le fond, rencontre Margit, belle hongroise, sensuelle et énigmatique qui lui propose un étrange marché qu'Harry accepte jusqu'à ce que bientôt le ciel lui tombe sur la tête. Il rencontrera aussiAdnan, un exilé politique que la prison menace qui lui offre généreusement gîte et assistance ramenant ainsi  Harry à la vie dans un étrange bain rituel dans un lieu d'aisance ; un lieu en forme de symbole d'un Paris saisi dans ses miasmes et sa crasse.
Adnan finalement envoyé en prison pour vingt années, Harry tente de nettoyer, de repeindre, et javelliser sa chambre de bonne, et les toilettes où il tente de se défaire symboliquement de son passé, et de Paris. En vain. Nul happy end cher au  lecteur qui suit cette histoire haletante, totalement accroché au suspens habituel propre à Douglas Kennedy. Et surtout pas la révélation  désirée de l'intrigue sous-jacente et passionnante entre amour et mort.
*La Femme du Vème. Douglas Kennedy Ed. Belfond, 384 pages.  22 euros.

American Psycho.
Dans Philadelphie, devenue un des principaux centres de la production cinématographique américaine vit et s'agite tout un petit monde. On y croise ainsi Ian Whitestone metteur en scène réputé,  Seth, son bras droit, de jolies et très jeunes starlettes sans scrupules, des flics fans de cinéma figurant accessoirement dans les films, un professeur d'études cinématographiques à l'université, spécialiste des films noirs américains. Et au milieu de tout ce petit monde sévit un meurtrier pervers sanguinaire et diabolique qui puise son inspiration dans les scènes de meurtres des films les plus célèbres : « Psychose », « Liaison fatale », « Scarface », « les Diaboliques », en adaptant à sa triste manière les films originaux. Sûr de lui, il défie la police, sévit dans  le milieu du cinéma, et sème la panique dans la ville, imperturbablement confiant en son invincibilité. L'Inspecteur Kevin Burne, actuellement en convalescence à la suite d'une grave blessure, mettra tout en œuvre  pour mettre définitivement hors d'état de nuire ce malade et résoudre cette affaire. Mais la véritable héroïne est Jessica Balzano, inspecteur d'origine italienne, fille de flic, physique à la Ava Gardner et passionnée de boxe assistée d'une équipe de jeunes flics motivés.
 Au fil des pages, ce diabolique jeu du chat et la souris dont nul ne sort indemne se transforme en un suspens qui va crescendo. Et  Richard Montanari  psychanalyse l'âme et l'esprit d'une Amérique malade de ces innombrables scènes de crimes sur un fond d'intrigue qui renvoie aux classiques du genre tout en écrivant un excellent thriller dans la lignée des romans d'Harlan Coben, si subtilement agencé qu'il y est quasiment impossible de découvrir l'identité du tueur cinéphile avant la fin. Nuits blanches et frissons garantis!

*PSYCHO. Richard Montanari. Editions Le Cherche Midi. 504 pages . 22 euros.

Du chocolat sans crise de foie ni prise de tête !

L'abbaye de Saint-Julien-du-Vaste-Monde est réputée pour le délicieux chocolat  produit pas ses religieuses, qui en vivent difficilement. Mais leur succès crée des envieux. La MMG, une multinationale sans scrupules, veut récupérer leur recette à tous prix…s'ensuit  une cavale   haletante, déroutante et romanesque, jusqu'au fin fond de la Colombie où pullulent piranhas, araignées venimeuses et sbires de la multinationale…
Cette poursuite est la trame principale de ce roman qui ne se prend pas du tout au sérieux et qui sait être tout à la fois  léger, amusant, et passionnant dans sa mise en scène de situations rocambolesques.  Du chocolat très digeste !


Soeurs Chocolat. Catherine Velle. Ed. Anne Carrière. 317 pages. 18 euros.




15/02/2009
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