blog dédié à Raymond Ruffin

Un blog dédié à la mémoire de Raymond Ruffin est actuellement en cours de rédaction.

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 //raymond-ruffin.over-blog.com/

Les suggestions et critiques y sont bienvenues.

La page wikipédia mise à jour est disponible sur:

//fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Ruffin



Raymond Ruffin n'est plus. Il nous a quittés peu avant le 14 juillet et repose à présent, face à la mer, sur les rivages de cette Normandie qu'il aimait si profondément et dont il contribua à mieux faire connaître l'Histoire. Avec lui disparaissent les personnages et les héros qui hantèrent ses ouvrages et sa mémoire. Sur toile de fond de la seconde guerre mondiale, c'est tout un peuple qu'il a su faire vivre et revivre : d'abord ces résistants, évadés, passeurs, qu'il admira enfant, et qui lui apparurent tels des lucioles dans la longue nuit de l'Occupation. Et autour d'eux, une sarabande incessante d'espionnes, collabos, traîtres, dénonciateurs, et suppos de la Gestapo tout droit sortis des enfers de la guerre pour meurtrir chaque jour d'avantage, un peuple accablé de malheurs et de privations. Et puis voici au fil des pages ces paysans patoisant à l'envie, hantant, innombrables, les chemins creux des prés et des bocages normands, accompagnés par leurs curés, bouilleurs de crû, maquignons, sorciers, envoûteurs et désenvoûteurs… Tous passant et repassant à l'envi, silhouettes familières vues ou à peine entrevues aux détours des milliers de pages qui forment la matière d'une vingtaine d'ouvrages, fruits de plus de trente années de recherches et d'enquêtes.

C'est en effet en 1976 que Raymond Ruffin publie son premier livre : « Les lucioles de ma nuit », parrainé par Vercors, en forme de vibrant hommage au maquis Surcouf et à son chef, Robert Leblanc. D'autres ouvrages suivront pour mieux faire connaître aux lecteurs les maquis et les grandes figures de la résistance normande, leurs exploits et leur contribution au jour J. Pour cela il avait répertorié les maquis et les réseaux de résistance, dont il avait rencontré les grandes figures, enquêté sur le terrain et réuni une documentation abondante, le tout formant la matière de tous ses ouvrages historiques toujours précisément documentés. Plus tard il publiera simultanément des romans de terroir qui surent toucher un large public, le plus connu d'entre eux: « Léontine du Pays d'Auge », aux accents autobiographiques était le récit nostalgique et vivant du Pays d'Auge de son enfance écrit dans le patois authentique des personnages de l'époque. C'était un ouvrage particulièrement cher à son cœur, un hommage à sa marraine, Léontine, à qui il devait ses plus beaux souvenirs d'enfance.

Entre temps soucieux de réunir les écrivains et amis rencontrés, il fonde et anime avec André Castelot, la Société des Auteurs de Normandie (SADN).

Jusqu'à ses derniers jours Raymond Ruffin n'a cessé d'écrire, son dernier projet s'intitulait : « Mémoires d'un galvaudeux », qui restera hélas toujours inachevé, et son précédent ouvrage, non encore édité, était une biographie en forme d'hommage à Charles Tillon.

De cette vie consacrée à l'écriture sa biographie officielle retiendra sobrement : «  Raymond Ruffin est originaire de Bonnebosq. Historien et romancier, il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages consacrés à l'histoire de la Résistance et à celle de sa région natale. Lauréat de l'Académie française et des académies de Rouen, Lyon, Bordeaux et Limoges, il est également Chevalier des Palmes Académiques. Il a écrit une quinzaine d'ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale, et particulièrement sur l'Occupation et la Résistance ».

Fort heureusement, les lecteurs du « Mutualiste » le connaissent un peu mieux. Ceux qui le lisaient et appréciaient ses « coups de gueule » et ses indignations n'oublieront pas de sitôt certains de ses éditos enflammés rédigés au fil des décennies de complicité qui l'unissaient à ses lecteurs. Et ceux-ci lui rendaient bien : il avait été très touché par les nombreuses lettres qui lui avaient été adressées lorsque ses problèmes de santé l'avaient contraints à cesser cette chronique. Nul doute qu'aujourd'hui encore leurs pensées émues seront un réconfort posthume pour celui, qui repose là-bas, tout près de la mer, face à un horizon enfin dépassé, au-delà duquel il aura sans nul doute retrouvé sa chère Léontine et tant d'autres disparus si chers à son cœur.



05/12/2009
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